Les instruments économiques pour favoriser la saine alimentation: synthèse des connaissances

Chantal Blouin, membre du RRSPQ, est l'auteur de ce rapport de l'INSPQ paru en mars 2017. Téléchargez le document en cliquant ici.

Résumé de l'auteure:

"Cette synthèse des connaissances vise à informer les décideurs et les praticiens en santé publique de l’éventail des instruments économiques disponibles pour favoriser la saine alimentation. Une analyse descriptive du contenu des études retenues permet de présenter leur efficacité potentielle et les enjeux de mise en œuvre qu’elles soulèvent. Nous entendons par instruments économiques des actions qui modifient directement ou indirectement le prix des aliments.

La recension des écrits a permis de constater que :

  • La majorité des études répertoriées révèle au moins un changement positif sur l’alimentation ou la santé suite à la mise en place d’instruments économiques.
  • La taxation nutritionnelle est l’instrument économique le plus souvent étudié, qu’il s’agisse de la taxation des boissons sucrées ou d’autres aliments à faible valeur nutritive, la taxation selon la teneur en gras ou en sucre, ou encore selon le nombre de calories. La taxation nutritionnelle mène à des effets positifs sur l’alimentation ou la santé. En effet, 84 % des mesures d’efficacité présentées dans les publications recensées montrent les effets désirés tels que la réduction de la consommation d’aliments visés par la taxe et peu favorables à la santé.
  • Les subventions pour les consommateurs ou les rabais pour l’achat d’aliments favorables à la santé sont d’autres instruments économiques fréquemment étudiés. Les 2/3 des mesures d’efficacité recensées dans les études mesurant l’impact des subventions révélaient les effets désirés.
  • La distribution sans frais, ou à prix réduit, de fruits et légumes dans les écoles est un instrument économique qui a, quant à lui, été l’objet de dix études. De ce nombre, huit indiquaient une augmentation de la consommation de fruits et légumes chez les élèves à la suite de cette intervention.
  • L’acceptabilité sociale est l’enjeu de mise en œuvre qui se retrouve le plus fréquemment sous la loupe des chercheurs, que ce soit pour les taxes ou pour les subventions. Les autres enjeux qui sont soulevés sont : la faisabilité technique, l’équité, l’influence des groupes d’intérêts sur l’adoption ou le maintien des instruments étudiés et les considérations budgétaires.
  • Les changements dans l’environnement économique ne représentent qu’un des types d’interventions nécessaires afin de créer des sociétés où les choix alimentaires sains sont plus faciles à faire. Seule la combinaison d’un éventail d’actions et de politiques publiques au niveau local, régional, provincial et fédéral, ciblant les environnements économiques, physiques, socioculturels et politiques, permettra une amélioration majeure de nos habitudes alimentaires."