La consommation de substances chez les personnes de minorités sexuelles

La revue Drogues, santé et société sollicite des propositions d’articles scientifiques pour notre numéro spécial portant sur le thème La consommation de substances chez les minorités sexuelles. La préparation de ce numéro thématique est sous la responsabilité de Dominic Beaulieu-Prévost, Martin Blais et Joseph J. Lévy, professeurs à l’Université du Québec à Montréal.
La date limite pour soumettre un résumé d’article est le 15 décembre 2016. Les réponses seront envoyées aux auteurs à la fin janvier 2017. L’article devra être soumis à la revue au plus tard le 15 juillet 2017. Il suffit d’envoyer par courriel votre proposition, sous la forme d’un titre et d’un résumé de 400 mots maximum, à l’adresse du directeur de la revue : jean-sebastien.fallu@umontreal.ca.


Les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transidentifiées, queer ou en questionnement (LGBTQ) font face à une diversité de problèmes de santé, parmi lesquels les conséquences négatives de la consommation de substances occupent une place importante. La consommation de tabac, d’alcool ou de drogues présente souvent des prévalences plus élevées chez les hommes gais, chez les lesbiennes, chez les personnes bisexuelles et chez les personnes transidentifiées que chez les personnes hétérosexuelles (Green et Feinstein, 2012 ; King et coll., 2008). Des profils problématiques d’usage de substances apparaissent souvent dès l’adolescence, les jeunes LGBTQ présentant des taux de consommation de substances jusqu’à 400 % fois plus élevés que les jeunes hétérosexuels (Marshal et coll., 2008). De plus, les études sur les différences de genre dans la consommation à l’adolescence sont contradictoires.

Les mécanismes causaux en jeu, les contextes sociaux impliqués et les conséquences à long terme de cette consommation restent peu documentés (Saewyc, 2011). Dans le contexte d’une société où les variations de genre et d’orientation sexuelle restent sujettes à la discrimination homophobe et transphobe, il est plausible de présumer de l’existence de facteurs associée à la consommation de substances qui sont spécifiques aux groupes sexuels minoritaires. Des travaux ont suggéré l’importance, notamment, des facteurs relatifs à la victimisation (Birkett et coll., 2009 ; Busseri et coll., 2008 ; Woodford et coll., 2012), à la discrimination fondée sur le statut sexuel minoritaire, à l’intégration de l’orientation sexuelle, au dévoilement du statut sexuel minoritaire, à l’homophobie ou à la transphobie intériorisée, etc. (Green et Feinstein, 2012 ; Ryan et coll., 2009). L’affiliation à la communauté LGBTQ, bien que pouvant a priori être conçue comme un facteur de protection, reste pourtant elle aussi problématique selon certaines études (par ex., Green et Feinstein, 2012). Quels sont les facteurs spécifiques au vécu des groupes sexuels minoritaires les prédisposant à la consommation ? Quel est le poids de ces facteurs spécifiques comparativement à celui des facteurs qui touchent la population générale ?

Les objectifs du numéro projetés sont :

  1. de documenter la consommation de substances au sein de groupes minoritaires en regard de l’orientation sexuelle (LGBQ) et de l’identité de genre (personnes cisgenres et transidentifiées) dans la francophonie;
  2. d’explorer les différents aspects sociaux, culturels, psychologiques et biomédicaux associés à la consommation de substances au sein des groupes LGBTQ;
  3. de documenter les conséquences de la consommation de substances sur différents aspects de la vie des groupes LGBTQ.