Institut de la statistique du Québec - La santé mentale des jeunes : certains consultent, d’autres pas. Qui sont-ils?

Le bulletin Zoom santé - juin 2017 - de l'Institut de la statistique du Québec dans dresse un portrait de la consultation de ressources professionnelles ou informelles chez les jeunes de 15 à 29 ans pour des problèmes liés à leur santé mentale.

Cette étude, réalisée à partir des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Santé mentale 2012 menée par Statistique Canada, confirme la vulnérabilité des jeunes sur ce plan. En effet, ils sont davantage touchés que leurs aînés de 30 à 64 ans par un niveau élevé de détresse psychologique (25 % c. 20 %) ainsi que par des troubles liés à la consommation d'alcool et de drogues (10 % c. 2,3 %).

L'étude montre aussi que peu de jeunes consultent des ressources professionnelles pour parler de leurs émotions, de leur santé mentale ou de le ur conso mmation d'alcool ou de drogues. Ils sont par ailleurs plus portés à consulter un travailleur social, un conseiller ou un psychothérapeute que leurs aînés. Lorsqu'on s'intéresse tout particulièrement aux jeunes ayant un niveau élevé de détresse psychologique ou un trouble lié à la consommation de substances, ce sont respectivement 63 % et 77 % d'entre eux qui ne consultent aucune ressource professionnelle.

Les ressources informelles sont plus populaires auprès des jeunes. Ils sont plus nombreux en proportion à se confier à leurs amis que ne le font leurs aînés de 30 à 64 ans (75 % c. 57 %). À l'opposé, ils se tournent moins vers Internet. Parmi les jeunes présentant de la détresse psychologique ou un trouble lié à la consommation d'alcool ou de drogues, près de la moitié ne consulte aucune ressource informelle.

Cette étude cherche aussi à cerner les caractéristiques susceptibles de prédire le non-recours à des ressourc es au sujet de la santé mentale. Le fait que le recours aux ressources soit mesuré à l'aide d'une question générale ne fournissant pas d'information sur les motifs précis ayant mené les personnes à consulter et la faiblesse des effectifs pour l'étude de sous-population au Québec, limite passablement la portée des résultats. Cela dit, on constate notamment que le fait d'être un homme prédit le non-recours aux ressources tant professionnelles qu'informelles.