Visionnez le webinaire : «Cannabis, adolescence et dépression »

Regroupements stratégiques

 

Les Regroupements stratégiques Éthique et Santé mentale du Réseau de recherche en santé des populations du Québec (RRSPQ), en collaboration avec le réseau Qualaxia vous présentent un webinaire : « Cannabis, adolescence et dépression »

 

Description

Outre l’utilisation du cannabis comme médicament, le Canada aura très bientôt une loi pour la légalisation du cannabis en tant que « drogue récréative », avec une interdiction d’utiliser du cannabis pour les personnes de moins de 18 ans. Les jeunes Canadiens ont l’un des taux les plus élevés de consommation de cannabis par rapport à leurs pairs dans d’autres pays industrialisés (UNICEF Office of Research, 2013). Selon l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues de 2013, 22,4 % des jeunes âgés de 15 à 19 ans ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours de l’année précédente alors que cette prévalence va jusqu’à 26,2 % chez les jeunes adultes âgés de 20 à 24 ans. Au total, les jeunes consomment 2,5 fois plus de cannabis que les adultes de 25 ans et plus, dont seulement 8 % ont déclaré en avoir consommé au cours de l’année précédente (Statistique Canada, 2015).

De nombreuses études ont été publiées concernant les effets du cannabis sur le développement de la dépression, de la psychose, de la mauvaise performance scolaire et de la sécurité de la conduite, en particulier chez les jeunes, lorsque le cerveau est encore en développement. Dre Gobbi concentrera sa présentation sur les données précliniques et cliniques démontrant l’impact du cannabis et du système endocannabinoïde sur la régulation de l’humeur et la dépression. Par exemple, une pléthore d’études ont montré que les animaux de laboratoire qui sont exposés de façon répétée au cannabis pendant l’adolescence présentent des troubles de la régulation émotionnelle et des altérations permanentes de la structure cérébrale à l’âge adulte. Des études récentes d’imagerie par résonance magnétique (IRM) ont confirmé que chez les 18 à 25 ans qui fumaient au moins une fois par semaine, il y a des changements structurels dans les régions impliquées dans le traitement des émotions et des récompenses, comparativement aux jeunes ayant peu ou pas d’antécédents d’utilisation de la marijuana (Gilman et al., 2014). Enfin, des études épidémiologiques ainsi qu’une récente méta-analyse réalisée dans le laboratoire de Dre Gobbi ont mis en évidence que le cannabis fumé pendant l’adolescence peut induire une dépression majeure et un comportement suicidaire même en l’absence de conditions prémorbides (Gobbi et al, non publié). Ces effets sont plus prononcés chez les jeunes qui fument du cannabis tous les jours depuis le début de l’adolescence, ce qui souligne davantage la raison pour laquelle le cannabis est préoccupant.

Ces données ont été discutées avec une perspective éthique.

Conférenciers

Dre. Gabriella Gobbi
Professeure agrégée, Département de psychiatrie, Université McGill et psychiatre, Centre universitaire de santé McGill

Dre Gobbi a obtenu un doctorat en médecine et une spécialité en psychiatrie et psychothérapie de l’Université Catholique de Rome, ainsi qu’un doctorat en neurosciences de l’Université de Cagliari. Elle dirige un laboratoire de sciences fondamentales en psychopharmacologie et travaille comme psychiatre à la clinique des troubles de l’humeur du CUSM. Elle traite des patients atteints de troubles dépressifs et suicidaires.

Prof. Daniel Weinstock
Responsable RS Éthique, RRSPQ
Directeur, Institut des politiques sociales et de la santé, Université McGill
Professeur, Faculté de droit, Université McGill

Diplômé de McGill et Oxford, il a été l'étudiant de Charles Taylor, et a suivi des cours avec John Rawls à Harvard. De 2002 à 2011, il a été directeur fondateur du Centre de recherche en éthique de l'Université de Montréal. En 2012, il est devenu professeur à la Faculté de droit et au Département de philosophie de l'Université McGill. En 2013, il a été nommé directeur de l'Institut des politiques sociales et de la santé. Depuis 2015, il est responsable du RS Éthique du RRSPQ.