Autres nouvelles Lauréats du concours Initiatives structurantes du RS Éthique (Hiver 2017-2018)

Félicitations aux lauréats du concours de soutien à des initiatives structurantes lancé par le RS Éthique (hiver 2017-2018). Consultez les trois projets retenus ci-dessous.

 

Les « mots qui font du bien ». Analyse communicationnelle de l’efficacité thérapeutique de la parole dans des situations de traumatismes personnels majeurs

Chercheurs: Alexandre Coutant, directeur de ComSanté et professeur agrégé, Département de communication sociale et publique (Université du Québec à Montréal) ; Yanick Farmer, professeur agrégé, Département de communication sociale et publique (Université du Québec à Montréal) ; Marie-Eve Bouthillier, professeure adjointe et chef du Centre d’éthique clinique, Université de Montréal et CISSS de Laval ; Dre Marie-Thérèse Lussier, médecin et professeure titulaire, Université de Montréal et CISSS de Laval

Utilisateurs de connaissances: Dre Claire Gamache, Chef du département de psychiatrie, CISSS de Laval ; Jean-Simon Fortin, Éthicien, Centre d’éthique clinique du CISSS de Laval

Résumé: L'objectif général de cette recherche est de contribuer à l’étude de la narrativité en éthique et en psychothérapie en essayant de comprendre comment la parole agit sur une personne vivant un « traumatisme personnel majeur » (défini comme un choc brutal et inattendu ayant des conséquences physiques et/ou émotionnelles) et l'aide à mieux se sentir. Cette recherche s'intéresse donc principalement à la performativité du langage ou si l'on veut à sa capacité de "fabriquer les réalités sociales" et à changer l'état du monde, y compris les états psychologiques des individus. L'approche méthodologique choisie pour ce projet sera qualitative. Le mode de collecte de données passera par la réalisation d'entrevues semi-dirigées auprès d'une population adulte constituée de professionnels de la santé, de proches aidants et de personnes ayant vécu et surmonté un traumatisme personnel majeur ou ayant accompagné quelqu’un ayant surmonté ce genre de traumatisme. Les retombées attendues du projet se situent sur deux plans : l’un plus fondamental, l’autre plus clinique. L’apport plus fondamental concerne les liens qui seront établis, grâce aux verbatim, entre certaines structures du langage (mots, phrases, contextes, etc.) et les états mentaux (passage de la tristesse à la joie, à l’apaisement, à l’espoir, etc.) des destinataires des messages. Sur le plan clinique, la recherche souhaite contribuer à l’élaboration de stratégies de communication efficaces destinées aux professionnels de la santé et aux proches aidants. Cette perspective liée à l’intervention clinique par le langage répond à un besoin pressant de nombreux professionnels de la santé, en particulier des médecins, envers la création d’outils « conversationnels » (linguistiques) leur permettant de faire face à des situations cliniques dans lesquelles la parole joue un rôle incontournable dans l’épisode de soins.

 

Ethics and the closure of humanitarian healthcare projects

Chercheurs et utilisateurs des connaissances: Matthew Hunt, McGill University; Ryoa Chung, Université de Montréal; Lisa Eckenwiler George Mason University, USA; John Pringle, McGill University with Médecins du Monde- Canada

Abstract: Non-governmental organizations routinely make and enact decisions to close humanitarian health projects. Doing so is unavoidable, and a necessary component of humanitarian action. However, ethical questions may arise related to why a project is selected to be closed and how closure is implemented. Different models of closing projects have been utilized, including phasing down (gradually decreasing the project in size, sometimes leaving a small presence in place in case the project needs to be reactivated in the future), phasing over (gradually shifting it to local actors), handing over (transfer of the project to local actors), and ‘cut and run’ (sudden termination of a project). While many project closures unfold smoothly, in other cases they are contested and give rise to ethically challenging situations for humanitarian organizations, their partners, and local communities. Considerations include clarifying what is owed to communities with whom an organization has been working, the intrinsic as well as instrumental value of humanitarian projects, and the structured nature of health vulnerabilities during war, disaster or public health emergency. It is thus critical to examine the ethical implications of closing projects and consider how closure can be accomplished in ways that uphold humanitarians’ ethical commitments including minimizing harm, being accountable, upholding impartiality and neutrality, and demonstrating respect. Though ethicists have examined the ethics of humanitarian priority-setting - including around the initiation of humanitarian projects - to our knowledge, none have undertaken a focused examination of the ethics of closing humanitarian projects. 

Our interdisciplinary research team (with expertise in global bioethics, political philosophy, humanitarian action, nursing, rehabilitation and qualitative research methods) will work collaboratively with knowledge users from Médecins du Monde-Canada to answer the following research question: What values and approaches support ‘ethical closure strategies’ when humanitarian organizations elect to close a project? We will use an integrated study design that combines qualitative individual and group interviews with normative ethical analysis in order to develop a guidance framework. This approach will enable us to work ‘up’ from experiences of individuals with first-hand experience of the phenomenon of interest (whether as humanitarian workers, policy-makers, or representatives of communities where humanitarian projects have been closed), and to work ‘down’ from normative theories. The combination of these approaches will promote the development of a practical and relevant guidance framework that is grounded in experience, and that is also informed and inspired by theory and careful normative analysis. Our hope is that through this project we will spark further discussion and debate around this important topic within and across humanitarian organizations, and that the study outputs will support organizations as they make and implement decisions to close humanitarian projects.

 

Briser le cycle des dépendances aux pesticides: des enjeux de santé des populations, d’environnement, de sciences et de politiques publiques au cœur de l’éthique publique

Chercheurs-es*: Louise Vandelac (UQAM), Lise Parent (TELUQ), Patricia Monnier (McGill), André Comeau, Claude Emond (U. de Montréal), Pierre Auger MD et Laure Waridel (ONE)

*Membres du collectif de recherche écosanté sur les pesticides, les politiques publiques et les alternatives (CREPPA)

Utilisateurs de connaissances : Lucie Granger et Yves Jalbert,  Association pour la Santé Publique du Québec (ASPQ)

Cette recherche interdisciplinaire et intersectorielle du CREPPA, en collaboration avec l’ASPQ, sur les enjeux et les impacts des herbicides à base de glyphosate (HBG), premiers pesticides au monde, au Canada et au Québec, symbolisés par le Roundup de Monsanto-Bayer, vise à mettre en évidence les acquis, déficiences et nouvelles exigences en matière d’expertise publique d’évaluation et d’encadrement des pesticides.  En 2017, l’Europe, suite à 2 ans d’âpres batailles, marquées par l’opposition de 1,3 millions de citoyens et par le scandale des « Monsanto Papers » révélant de troublantes manipulations  scientifiques et de sérieuses déficiences d’évaluation des pesticides, a limité à 5 ans l’autorisation du glyphosate, prolongé au Canada pour 15 ans!  Comment expliquer que cet herbicide, déclaré cancérogène probable par le Centre International sur le Cancer de l’OMS, aux effets documentés de perturbation endocrinienne, de dégradation des sols et de la biodiversité et dont les formulations du commerce contiendraient des substances jusqu’à 1000 fois plus toxiques que le seul glyphosate (Mesnage et al. 2014), soit ainsi autorisé jusqu’en 2032 au Canada, où 30% des aliments contiennent déjà des résidus de glyphosate? L’analyse des HBG en tant qu’objets carrefour au cœur des dispositifs d’évaluation, d’encadrement et de recherche, des enjeux d’environnement, de santé, d’éthique, de politiques alimentaires et agroindustrielles, vise à éclairer le débat public et la décision politique.

Fin 2017, l’Europe, suite à 2 ans d’âpres batailles, marquées par l’opposition de 1,3 millions de citoyens et par le scandale des « Monsanto Papers » révélant des manipulations scientifiques insoupçonnées et de graves déficiences d’évaluation du glyphosate, ce cancérogène probable selon le Centre International sur le Cancer de l’OMS, aux effets documentés de perturbation endocrinienne, de dégradation des sols, de la biodiversité et dont les formulations du commerce contiendraient des substances jusqu’à 1000 fois plus toxiques que le seul glyphosate (Mesnage et al. 2014), n’a ré-autorisé le glyphosate que jusqu’en 2022 mais le Canada jusqu’en 2032 ! L’analyse des HBG en tant qu’objets carrefour au cœur des dispositifs d’évaluation, d’encadrement et de recherche, des enjeux d’environnement, de santé, d’éthique, de politiques alimentaires et agroindustrielles, vise à éclairer le débat public et la décision politique.

Comment avoir autorisé qu’un chélateur, breveté comme antibiotique, et soit autorisé jusqu’en 2032, alors que le. En. Cet examen sur un dossier essentiel où le Canada fait piètre figure.